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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 22:06

With such an exclamation mark !

...alors que la conversation qui suit paraît plutôt gentille :

https://youtu.be/1rQ8fyAGyv4

La première image suggère d’ailleurs une onde calme. C’est le début d’une conversation dans une allée tranquille. Il est question juste de la température…

« _ Du tang ? Tangna tuuti... »

Il ne fait pas chaud, il fait un peu chaud… La conversation démarre gentiment, on pourrait presque dire :

Waxtan bi dafaa dosee… Cette conversation est mesurée...

Mais, deuxième image, un petit tourbillon arrive, celui certes que la lettre G peut suggérer si on en prolonge les extrémités…

Quelque chose tracasse, se serait trop simple ?

« Seddna ti suba... »

Il fait quand même froid, le matin… Justement, la conversation réchauffe. On pourrait presque dire :

Waxtan bi dafaa bunsen… comme un bec bunsen !

Troisième image, un e s’ajoute au n et au g, qui vient augmenter la spirale mais dessine, au lieu d’un plus inquiétant tourbillon, comme un personnage réjoui qui lève le bras :

« baxna waw ! »

Oui, c’est bien !

Mais, nouveau tracas, un mot vient à manquer en langue wolof… le vent !

Bien sûr qu’il s’annonçait avec les petits tourbillons…

« ngelaw »

Le vent… Alors, un l vient buter contre le front de notre personnage réjoui !

Et un énorme a forme comme un rocher venant écraser le front de notre personnage…

« baxul... ». C’est pas bon.

Autant rentrer chez soi… «Maa ngi dem kërge »… Je rentre chez moi...

Et le l final forme bien comme un retour de vague… Ainsi, est-on lasse de la conversation ? Dirait-on implicitement « bàyyi ma », « laisse-moi » ? Ou juste « Bàyyi » qui s’entend comme le « bye », la salutation anglaise de départ. Mais aussi comme l’ancien français « bâille », « donne »… Converser, n’est-ce pas donner ? Bien sûr, autant en emporte aussitôt le plus faible des vents…

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 19:34

Just pick feel and hold it !

Oui, c’est l’un des fils de ce qui a abouti à :

https://youtu.be/OIjs0ypYUaM

Le texte de base, en langue anglaise voire américaine, visuellement de fond, est censé provenir d’une improvisation, il a en tout cas été introduit comme tel par Howard Becker dans une publication collective sur le thème même de l’improvisation (revue Tracés n°18, 2010). Il a été composé par David Antin en 1984 sous le titre Tuning.

La sur-performance, qui procède aussi par improvisation, expose d’emblée un second support, en langue mandinkan : a filitale. Il.elle s’est perdu.e.

Curieux paradoxe interlinguistique, fili signifie perdre en langue mandinkan, tandis qu’en français, tant qu’on tient le fil, on est censé n’être pas perdu.

Ce fili, qu’on voit écrit en écriture nko en haut à droite du premier écran, constitue donc l’un des deux fils de la surperformance…

L’écriture en blocs et espaces de cette performance -qui se prête mieux que l’écriture à ponctuation ordinaire à la saisie des jaillissements et des suspensions d’une improvisation verbale- a managé, par les espaces, des aspirations à laisser surgir autre chose, donc à une sur-performance…

Fili resurgit donc, perdant parfois sa finale, comme il arrive à la syncope d’une impro vocale. Mais il arrive aussi alors que les sons s’étirent… Fili transitoirement fil devient alors fiil, facilement entendu comme feel et du coup retourne à la langue de la performance de base. De la perte, en passant par le fil, on arrive à la sensation…

Le -ta de filita, perdu.e, intervient parfois aussi, gardant surtout son t, ou parfois son a qui se combine à des consonne rencontrées au fil (sic!) de la langue anglaise de Dantin. Oserait-on parler d’un jardin de sons qui sent bon la chaussée d’Antin ?

On pourrait avoir l’impression parfois que fili revient (retour de la perte ou retour, inverse, de ce qui était perdu?) mais il reste bloqué au fff, quitte à se combiner avec un sss pour suggérer la surrection d’un souffle, comme l’évent de la baleine au milieu des flots.

Et la transcription se met à jouer à inviter d’autres langues… Une situa-tion trouve écho d’un schön à l’allemande...

Il y a des retours en boucle, il y a des bulles, il y a des ornements faits d’anciennes « fautes » de prononciation scolaire (ce the qui d’abord sortit vvve…).

Une surf-perf finalement ? Protégée pour finir d’un certain… good eye ? Goût d’ail ?

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:53

Top ? Oh…

The top ?

Eh non, puisqu’il va plutôt s’agir de reboucher, il faut du creux…

Tap d’ampolla ? Même pas un bouchon de bouteille !

So, even not a cap…

Reboucher des trous sans goulot… trous de souris ?

Topolino ?

Non, pas une telle vedette (Mickey Mouse en Italie), juste un peu de turbin… mica (peu en catalan) et… taf !

...avec l’aide d’un topo-graphe éventuellement...

https://youtu.be/0PtULjgByX8

Le contributeur de ce jour raconte la construction d’une route à proximité de son village de naissance, au Sénégal oriental, et il envisage ce qui sera ensuite nécessaire, l’entretien. Il prend le temps de traduire : topoto, l’entretien.

On voit donc une route, à la couleur plus de sable (dont était faite plutôt l’ancienne piste) que de bitume. Il se trouve que le mot qui dit route en mandinkan, SILO, surtout lorsqu’on l’écrit en majuscules, se prête à être calligraphié en forme de route…

Ecrit en écriture nko, il aurait plutôt pu être calligraphié en paysage longé par la route, avec le carré de la lettre sa qui pourrait figurer une case à toit plat, la fourche inclinée du i qui pourrait figurer un arbre sec, la boucle élevée du la un arbre à grande feuille et le o en boucle inachevée, comme un soleil à l’horizon, en partie masqué par un élément noyé dans la poussière chaude…

Là viennent aussitôt les T inversés de topoto, qui forment avec les o ronds des roues et le P de la cabine un genre de dameuse ou même deux…

Ah, là il faut reconnaître qu’en écriture nko aussi, topoto aurait aussi eu une machine à proposer, avec son ta qui est un P renversé de haut en bas, son double rétroviseur élevé que peut figurer le double o et son pa à faire un angle de pare-brise ou un double échappement élevé. Le topoto-nko aurait carrément inventé le Caterpillar !

...Et le mandinkan avait inventé la sonorité des machines à entretenir les routes, même au temps où il n’y avait que des pistes en Afrique et ailleurs !

Mais oui, en répétant « topoto, topoto, topoto », on entend bien ces gros moteurs à échappement lourd et au bruit marqué par les vibrations du travail en cours… Besoin alors de... tap d’orella ? ...ou d’un topo d’ergonome ? Visant le ma, équilibre de la pyramide en langue nko… et le tilde pour le souffle qui animerait tout ça !

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 18:50

shocking !

Non il ne faut… pas ! Ou bien, y aurait-il vraiment du contondant dans ce qui suit https://youtu.be/eh5OFXUYSxo ?

On pourrait reconnaître là un passage d’une chanson de Bobby Lapointe, La fleur bleue contondante…

Qui fait se demander à plusieurs personnes,, sur internet si la poésie, supposée « chic », est compatible avec les pratiques à chocs…

Question que ferait bien de se poser Carambolingue, jouant sur les chocs entre les langues !

Bon, suspendons la question en anticipant le proverbe bien connu « Il n’y a pas de fumée sans feu » d’une formule qui mériterait d’être tout autant connue, « Il n’y a pas d’étincelle sans choc »…

Le passage en question de la chanson n’évoque pas directement la fleur bleue et les chocs qu’elle produit, étant contondante, mais plutôt la suite des déconvenues qu’elle vaut à son possesseur, cuvant son désespoir dans un café jusqu’à ce que… « Un jour un éditeur à fables (qu’on pourra bien sûr entendre « affable »), comme il y en a depuis Esope, le vit dans un café et hop ! s’invita à sa table... »

So, would « fability » be the ability to write or to publish what They call « fable » in French ?

Hélas, un mot français très proche, fiabilité, nous entraînerait vers une autre idée…

Mais au fait, d’où vient ce mot de fable qu’on traduirait plutôt en anglais par tale ?

D’après Les étymologies surprises, de René Garrus (Belin, 1988), Bobby Lapointe, en rapprochant fable et affable, ne fait que rapprocher deux mots à l’étymologie commune, de cette racine fa- qui évoquerait la parole, celle qu’on consigne mais aussi celle qu’on est prêt à partager…

Etymologie européenne mais, et voilà qui intéresse Carambolingue, en langue mandinkan, c’est fó qui dit dire...

« _ Ye muŋ fó ? » / qu’as-tu- dit ?

Les dessins de la vidéo ont donc repris cette invitation de l’homme affable qui pourrait être de « a fó, a fó... », dis, dis, invitation insistante jusqu’à ce que se libère sa parole en phylactère… Au risque qu’elle soit contondante !

Ainsi, pour revenir à Bobby Lapointe, s’il était une fois un poisson fa, il était une fois, dans l’histoire de la Terre, un mammifère fó, l’humain… Faut... pas pour autant oublier la diversité qu’il met à l’acte de dire, celle des langues !

Philippe Sahuc Saüc

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 19:51

Obvious !

Mieux vaut cela qu’obscène…

Quoique l’homme est question soit bien off-sec… voire ORSEC...

https://youtu.be/Jm8uIVHI1jw

Cervantes dans le texte !

...trois extraits du chapitre III du livre 1 de DonQuijote…

Et dire que tout est parti d’une aimable réflexion étymologique mêlant daube et ablette ! (crainte d’indigestion?)

D’après Les étymologies surprises, de René Garrus (Belin, 1988), p.12, il y a source commune pour l’ablette (certes poisson de source) mais aussi la daube (meilleure peut-être à l’eau de source) et, en passant par l’aube et l’album…

et adobar...

l’adoubement de Castille !

Voilà qui paraissait conduire à Don Quichotte et au chapitre III du livre 1…

Mais voilà que la confrontation des traductions de Viardot (1836), Miomandre (1935) et Canavaggio (2001) ne donnent pas à lire les termes d’adouber ou d’adoubement aux moments où on les attendrait mais les termes d’être armé, de se faire armer… très précise traduction de ce que l’on entend dans la vidéo : armarse...

« (…) en armarse caballero » à la première occurrence, avec une construction active qui laisserait à penser que le chevalier s’arme lui-même et par lui-même en quelque sorte…

après ce que le traducteur Miomandre nomme « la veillée des armes », qui se différencierait alors de la « veillée d’armes » (traduction de Canavaggio), terme où l’on a pris l’habitude de reconnaître la nuit qui précède toute bataille, pas forcément celle où les armes du chevalier vont recevoir une consécration cérémonielle…

« (…) quedar armado caballero » à la deuxième occurrence laisse entendre qu’il reste à faire pour être armé chevalier et peut-être la nécessité d’un auxiliaire qui « arme »… et qui accomplit les gestes associant l’épaule et l’épée…

« (…) se viese armado caballero » à la troisième occurrence, on peut se voir armé chevalier, on est donc passif un temps… avant le temps des grandes actions ?

Alors… Don qui… shoot ? Don qui… rêve ?

Donkilo… ! chanson en mandinkan… ici de geste, l’homme mérite bien ça !

Philippe Sahuc Saüc

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 19:01

Must be a royal… song ?

Ah, une royale chanson de geste !…

Pourtant, qui aboutirait à de la gestion…

Mais comment serait-ce possible ?

Par une certaine rotation-torsion, à découvrir là :

https://youtu.be/Cxg8AWVZLIo

Eh oui, on passe là de « gestus » à « gérer », en faisant tourner la langue de plus en plus vite, en pratiquant une forme de rhotacisme…

Un peu à la façon dont on entraîne les enfants de Bohême à prononcer le rhotacismus bohemicus, autrement dit la lettre ř dont la phonétisation entraîne une sorte de mélange entre un « r » (roulé bien sûr) et un « j » (à la française et pas à l’espagnole bien sûr). L’exercice consiste à faire tourner de plus en plus vite dans sa bouche « t-d-t-d-t-d »… La vitesse finit par faire entendre le « r+j ». C’est en tout cas la méthode de Jiři, dont la prononciation rapproche de « gérer »… le son ?

Alors pourquoi d’abord passer de « gestus » à « gérer » ?

D’après Les étymologies surprises, de René Garrus (Belin, 1988), p.9, « On appelle [rhotacisme] le phénomène par lequel, en latin, s entre deux voyelles devenait r. Il faut donc songer à rapprocher les mots geste (de gestus) et gérer (de *gesere, devenu gerere), festivité (de festivitas) et foire (de *fesia, devenu feria). »

On suspecte ainsi que la fête et la gestion procèdent du même phénomène de tournoiement. D’un côté, celui qui fait tourner la tête, de l’autre peut-être celui qui fait parfois tourner en bourrique (Ah, gestion !... Que ne décide-t-on pas en ton nom !…).

Phonétiquement parlant, on peut tenter l’expérience : faire tourner de plus en plus vite « s-t-s-t-s-t », on finit par entendre un « r » roulé et sourd...

Quand même, cette intimité introduite entre le geste et la gestion a de quoi choquer ! Car s’il est de beaux gestes, il n’est toute au plus qu’une bonne gestion, voire tout juste une saine gestion…

Alors bien sûr, depuis un an, il y a les « gestes barrières », qui vont avec le souci du sain mais qui sont à l’opposé, précisément des beaux gestes, ceux d’affection, de réconciliation…

Rappelons-nous plutôt l’épique chanson de geste de jadis… Tandis que du côté de la gestion d’aujourd’hui, ça pique le plus souvent !

Dire que l’amour est enfant de Bohême… Avec le rhotacisme, on pourrait se dire qu’il y a quelque chose de bâtard aussi dans ce berceau-là…

Philippe Sahuc Saüc

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26 mars 2021 5 26 /03 /mars /2021 17:30

So… advice to Ulla : with the top !… or without ?

Bien sûr, est invoquée là une allégorie de fantasme érotique qui eut son heure de gloire dans les années 70, qui eut donc de quoi alimenter les fantasmes d’adolescents et pourquoi pas d’adolescentes nés au début des années soixante…

On passe donc au divan ? Chiche ! https://youtu.be/e5lhLxx6nhg

Mais qu’a-t-on donc là ? Une sorte de déclinaison, on entend bien qu’il y a des sons qui reviennent et on voit un divan y prendre des nuances…

Il s’agit bel et bien du divan de la psychanalyse et la série de titres énoncée est celle des avatars d’une série télévisée israélienne nommée « Be Tipul », ce qui conduirait, par traduction littérale en français, à : « En Thérapie »…

Le titre du post joue donc avec ce Be Tipul, écarte les deux dernières lettres pour introduire la reprise d’une expression française contemporaine « être tip-top », ce genre d’auto-injonction qui, au stade obsessionnel, finit pas conduire sur le divan d’un.e thérapeute. Alors, bien sûr, le « -ul » pourrait faire penser à l’article défini de la langue roumaine, on pourrait même imaginer une combinaison anglo-occitano-roumain où « be tip-ul ! » serait une auto-injonction du genre « sois the type !», sans doute celui qu’on s’oblige à être tout en rejetant celui qu’on est, autre mécanisme pouvant conduire chez un psy…

Mais voilà, l’inconscient a sans doute parlé en complétant ul en Ul-la et en ravivant la figure de la prostituée contestataire et médiatique des années soixante-dix en France…

L’inconscient… à débusquer sur le divan bien sûr !

En attendant, quelques langues auraient de quoi faire jouer d’autres langues, par exemple :

. la langue brésilienne, disant Sessão de Terapia, agite dans l’univers sonore des branches de... sassafras, avec un certain souffle, voire un certain frisson.

. la langue croate qui, tout comme la slovène et la serbe, dit Na Terapiji, paraît démultiplier la lettre finale, le i et le j étant si proches, comme si la fin ne venait jamais, ce qui peut arriver, paraît-il, en cure psychanalytique...

. la langue hongroise, qui, avec Terápia, ne s’encombre ni d’article ni de préposition, paraît énoncer un nom propre, voire le nom savant d’une fleur… peut-être vénéneuse, orchidéenne en tout cas… fleur du mal ?

. la langue japonaise paraît perdue entre elle-même, « shinryouchuu », et une autre, l’anglaise, « in the Room »… besoin d’une analyse pour démêler ?

. la langue roumaine, évoquant peut-être le divan, dit « În Derivă » et pourrait faire évoquer à la française la dérive… la cure est alors urgente !

Philippe Sahuc Saüc

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 19:12

Do you mean being introduced to a new kind of language ?

Ah, une langue…ou plutôt des anches… et pas des hanches !

Et des phalanges ? A voir… Non, à entendre !

https://youtu.be/r-hC8hoae2c

On entend donc le son du duduk

...autrement dit du doudouk, du doudouki, du doudoug, du dadouk…

...autrement dit du Դուդուկ ou encore du Տուտուկ !

Et là, chose étrange, on remarque qu’en graphie latine, le nom de l’objet connaît beaucoup de variantes mais son initiale, « d », est constante…

alors qu’en grabar, langue arménienne écrite, c’est justement l’initiale qui change dans les deux variantes du mot.

Mais qu’est-ce donc ? Non pas une caisse de percussion justement mais un hautbois, utilisé de longue date dans la musique arménienne et, à ce titre, classé depuis 2005 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Dans ce qui était au départ une vidéo en conditions obscures, on entend jouer du duduk. La vidéo est certes devenue en grande partie noire mais on distingue de temps en temps les doigts du joueur de duduk qui se démultiplient…

Et puis, ça parle aussi. Ça improvise à vrai dire, ça improvise en langue mandinkan, au risque, ou à la chance, de faire se rencontrer les continents, instrument des confins de l’Europe et de l’Asie, langue d’Afrique. Tout pour que Gaspard, Balthazar et Melchior y soient…

En fait, c’est la sonorité de l’instrument qui a invité la langue. Cette sonorité aurait pu évoquer l’écho de l’aboès pyrénéen mais, ce soir-là, elle a plutôt évoqué la koba, la corne d’antilope qui rassemble les jeunes gens dans les villages du Sénégal.

Et justement la langue improvisée improvise une légende qui parle d’un jeune homme qui se lève et va jusqu’à un autre village où se trouve une jeune fille qui lui paraît triste. Or il est accompagné de griots musiciens…

On imagine en d’autres langues, l’entrée en matière :

_ Do you… ?

_ Du dëkk (en wolof, « ce n’est pas mon village »… la jeune fille est peut-être triste d’être loin de chez elle). Qu’à cela ne tienne, le jeune homme lui présente les musiciens -un homme, une femme et un petit- et invente pour elle la danse à laquelle il l’invite… au son du duduk (pourrait dire : do Duke ! Fais-le jazzman !) mais aussi de la kalimba (pourrait dire : cal ! i va... il le faut, il y va, en occitan)…

Philippe Sahuc Saüc

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 18:05

Lip, of course… and may the upper remain rigid !

Sauf pour chanter peut-être…

https://youtu.be/8sExEqIKlZQ

Tiens, d’abord un duo décalé dans le temps…

Puis, une écoute presque religieuse sauf irruption d’un artefact… carnaval ?

Entre temps, un violon en négatif…

Un violon dont on joue, le doigt ferme ?

...aussi ferme qu’il le faut lorsqu’on en joue en « pizz », autrement dit en pizzicato, en pinçant les cordes pour les faire résonner sans l’aide de l’archet ?

Premier duo, décalé dans le temps : une voix anciennement enregistrée chante un carnaval occitan, impressionnante de plasticité… Drôlement bien déguisée, pourrait-on dire, en référence à Carnaval…

Cela donne envie à la voix qui réentend cela près de quarante ans après, qui se souvient avoir été l’initiatrice de chante un peu en écho léger, en toute décontraction de gorge…

Le violon solo fait donc l’intermédiaire.

La deuxième partie vocale est une pure improvisation en wolof, à partir de la mélodie porteuse des paroles occitanes « traditionnelles »… (mais on sait que cette mélodie a servi à d’autres langues, on peut notamment lui trouver une étonnante proximité avec l’indicatif de l’émission enfantine des années soixante « Bonne nuit les petits »). Pour autant, l’impro en wolof est à saluer comme performance en tant que telle !

Les lèvres qui prononcent alors sont-elles moins décontractées ? Ce ne serait pas étonnant, improviser met dans une sorte de petite tension, celle de l’imprévu… On peut pourtant penser que l’impro n’est réussie qu’à condition d’un certain lâcher-prise qui amène la fluidité…

Décontraction ? On peut se demander si des jeux de décontraction de l’organe qui parle ne peuvent à eux seuls créer des jeux carambolingues…

à l’instar des jeux du créateur François-Bernard Mâche qui nomme Temboctou ce qu’on a l’habitude (qui n’est qu’une habitude…) d’écrire Tombouctou… Ce même créateur qui s’intéresse, à l’instar d’Olivier Messiaen et de Bernard Fort, Jean C. Roche, Dominique Saint Martin, aux chants des oiseaux et dont on pourrait entendre « assess San-Francesco », en ayant l’impression d’avoir déjà entendu Assise dans la phrase, surtout si elle est dite à lèvres décontractées…

True ? Trouver la juste contraction pour n’être ni through ni « sru »…

That is the question ? Encore un bon exemple de décontraction à trouver pour que le « que-shtsh-on » se fassent entendre, comme avec un shtsh, щ russe !

Philippe Sahuc Saüc

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 18:40

Echoing « si-sing... », a famous gospel ?

Et pourtant on s’attendrait à trouver là es-sing ?

Say it… essaying ?

Ah, bien sûr que ça titille, tel le bout de teaser suivant :

https://youtu.be/3oTbpNsI_vU

« On sait pas ce qui va se passer »…

et on découvre tout en même temps, visuellement, une piste de brousse du Sénégal oriental et les notes d’une kalimba

D’une certaine façon on est doublement en Afrique subsaharienne. Pourtant, nommer kalimba et non mbira ce petit instrument fait de lamelles de métal fixées à une petite caisse de résonance en bois le ferait situer beaucoup plus au sud, du côté du Congo…

Et, tiens, on entends des paroles en langue d’Afrique…

...qui fait s’arrêter sur le chemin entre Sénégal et Congo puisqu’il s’agit de la langue tem, parlée au Togo…

Le texte dit est l’incipit du roman Alu Wasangari/La femme infidèle, édité en bilingue, tem-français, de Sami Tchak. La prosodie de la langue tem, même mal imitée, n’évoque-t-elle pas quelque chose de velouté ?

Très vite, la bribe de texte français qui rattrape le tem en véritable traduction est pourtant brutale… et encore la coupure du montage vidéo ici pratiquée épargne aux oreille une pénible scène de serrage testiculaire… qui est bien dans le thème… que le tem juste entendu ne laisse pas deviner !

Une autre langue, chantée, vient alors prendre le relais : le mandinkan…

Laisse-t-elle deviner qu’il s’agit de l’histoire désespérée de Makuto, une femme qui ne parvient pas à avoir d’enfant ? Devine-t-on également que le bruitage aux doigts simultané suggère des gouttes de pluie qui commencent à tomber ?

T...raî..tise… pardon, tease ?

Au contraire, la pluie vient parfois à l’appui (tiens, au passage un intéressant virelangue : « la pluie vient à l’appui »…) des femmes d’Afrique, c’est ce que l’on apprend en lisant la suite du roman de Sami Tchak Alu Wasangari/La femme infidèle (NEA Togo, 1988).

Et puis revient la kalimba/mbira et la voix dit qu’au lieu de t’emporter gentiment, le livre, il te réveille…

Traîtrise ? Mais non, très tease…

Puisque, à côté du sens d’aguicher, ce verbe anglais a aussi le sens de… titiller, donc… réveiller !

Philippe Sahuc Saüc

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