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Le blog de carambolingue.over-blog.com

la rencontre des langues, avec ses télescopages, ses convergences, ses accidents, ses trouvailles... pour renvoyer le reflet d'un miroir sonore réflexif... ou simplement créer, jongler, rêver en sons humains !

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Publié le 12 Février 2021 par carambolingue

Is that an actual language ?

Et si l’interlocution faisait toute la langue ? Interlocution, voire prise de bec...

https://youtu.be/2a45WdVYksE

 

Eh oui, on peut toujours tenter de dialoguer avec les oiseaux…

Comme on peut tenter de croiser les inventions sonores humaines avec les inventions sonores des oiseaux…

C’est ce que faisaient, dans les années quatre-vingt-dix (peut-être encore…) Bernard Fort, Jean C. Roche, Dominique Saint Martin et le Groupe Musiques Vivantes Lyon, auteurs notamment d’un ensemble livre et CD intitulé « Zoom sur les chants d’oiseaux » et édité aux éditions Fuzeau en 1995.

On y entend des enregistrements d’oiseaux restitués à vitesse réelle et des restitutions ralenties ou accélérées qui rendent perceptibles certaines modulations inaudibles à vitesse réelle (ralentissement) mais aussi changent le timbre perçu (font monter vers les aigus en cas d’accélération et descendre vers les graves en cas de ralentissement).

Cela pourrait rappeler ce qui se pratiquait, à la fin des années quatre-vingt, dans le cadre de l’émission bimensuelle Orange bleue diffusée par la radio Ariège FM. Avec la même voix, mais diffusée à vitesse variable, se faisaient entendre, de façon récurrente, le grincheux à la voix grave (ralentissement) et la fidèle et enthousiaste auditrice à la voix parfois suraiguë (accélération)…

Mais on pourrait imaginer une autre façon de faire qui distinguerait entre les langues comme le Groupe Musiques Vivantes Lyon a distingué entre les chants d’espèces d’oiseaux différentes…

Ainsi, certaines langues (langues à tons?) paraissent plus mélodiques, de la même façon qu’un chant d’oiseau tel celui du Sirli du désert…

On pourrait être tenté de ralentir certains sons et on se rendrait peut-être compte que la vibrante vélaire, [R] ne produit pas la même amplitude, voire la même fréquence de vibration entre l’espagnol, l’italien, le russe, le wolof…

On pourrait peut-être, en accélérant, démêler la sonorité complexe du rotacismus bohemicus, ce « ř » qu’on décrit comme un mélange de [R] et de [З] et l’entendre vraiment comme un son unique…

Il y aurait aussi les h aspirés, que, sans doute, le mandinkan fait durer plus longtemps que le gascon mais peut-être pas autant que l’arabe de telle ou telle région… Et puis, dans la perspective d’une véritable composition sonore, on pourrait sans doute se nourrir d’attaques sonores diverses (les fameux coups de glotte comparables aux attaques de l’alouette des champs ?…), des sons filés comme ceux du rossignol, de rythmes particuliers comme chez la sittelle, des grincements comme chez le cormoran… cormoran mais corps sonore !

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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