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Le blog de carambolingue.over-blog.com

la rencontre des langues, avec ses télescopages, ses convergences, ses accidents, ses trouvailles... pour renvoyer le reflet d'un miroir sonore réflexif... ou simplement créer, jongler, rêver en sons humains !

Lu N E ?

Publié le 30 Janvier 2016 par carambolingue

Should you read it, uncle Martin, Tommies' friend ?

Möchtest du es lesen, Onkel Gaston, Freund der Teutonischen ?

Mais lire quoi, au juste ?

Bien sûr, embrassé d'un sel coup d'œil et lu en français, on croit avoir lu le titre de ce qui suit...

https://youtu.be/FT8vIlKzgmM

Cette vidéo essaie d'associer le texte et la dimension vocale de cette performance scénique qui a été donnée à la Cave-poésie de Toulouse, dans le cadre des nuits de la pleine lune, le 24 janvier 2016.

Mais une anomalie technique encore inexpliquée fait qu'il manque à l'enregistrement une dernière exclamation où l'allemand Mond, pour dire la lune, rejoindrait en son le mot français Monde...

Lune et monde dont la musique serait le langage, celui permettant de dire ami sans oublier personne?

Pourtant, le titre Lu N E pourrait être lu autrement...

Lu, justement...

Et puis ce N à prononcer comme lettre isolée, celle qui fait donc, à peu de chose près, « haine » en français...

Est-ce pour cela qu'on peut l'entendre au début du mot « ennemi » ?

Du coup, E est bien la notation musicale anglaise ou allemande correspondant à la note mi des latins...

Alors, aviez-vous dès le départ « lu ennemi » ? Pensiez-vous que ce post serait si mal luné ?

Tout de même, il y a ennemi et ennemi...

inimicus aut hostis ?

Au temps de la guerre de 14-18, un écolier de cette fin d'école primaire qui durait à l'époque jusque vers 13 ou 14 ans pouvait écrire à son père soldat : « … au lieu de inimicus qui veut dire ennemi, j'ai mis hostis, qui dire aussi ennemi mais le premier veut dire une personne avec laquelle on s'est brouillé (…) le second veut dire un ennemi comme les Allemands, qu'on peut tuer. » (Le centenaire de la guerre 14-18 en Ariège, Archives et Conseil du département)

A vrai dire, le mot hostis viendrait d'un verbe, hostire, dont le sens, échappant aux détails des faits de guerre, veut dire rendre la pareille...

… chose qui se fait certes en temps de guerre mais aussi en temps de paix...

D'où le fait que du verbe hostire découlent aussi des mots français tels que hôte, hôtel, hospitalité, hospitalier...

Le grand Georges savait bien, le chantant à son oncle Martin et à son oncle Gaston, qu'une certaine alchimie est là possible :

« Qu'au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi

Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en ami »

Dans la France de la fin 2015 et du début 2016, où l'on aura beaucoup entendu parler de guerre, a-t-on bien mesuré ce qu'il y aurait à entendre derrière le mot ennemi et ce que l'on peut se permettre de faire ou pas vis-à-vis de quelqu'un qu'on considère comme son ennemi ?

Les langues font souvent des distinctions subtiles...

Ainsi, parlant des « attaques » dans un foyer de travailleurs migrants de la région parisienne à la toute fin du mois de novembre 2015, je me suis vu rappeler la différence qui existe en mandinkan :

mookuntaŋ, mookuruŋo...

Le premier triche mais n'est qu'un bandit, le second est véritablement un criminel...

Alors, au minimum :

« Qu'au lieu de mettre en moue quelque vague coûtant

Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en aE/ Anaé (prénom qui dirait grâce en hébreu) »

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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